Endurance, tolérance… et joie

 

(Ramadan 2012: quatrième semaine)

 

 

Pendant cette semaine, je veux prendre mon temps pour réfléchir sur les derniers versets de la sourate 3. Cette sourate est appelée «al ‘Imrân», c’est-à-dire «La famille de ‘Amran». D’après Exode 6,20, ‘Amran était le père de Moïse et Aaron. D’après le Coran, même le père de Marie, la maman de Jésus, portait ce nom.

À la sourate 3 on a donné ce titre parce qu’elle fait référence, au v. 33, à Dieu qui choisit Adam, Noé, la famille d’Abraham et la famille de ‘Imrân.

Pour ce qui est de la chronologie, la sourate 3 remonte à l’année 631, lorsqu’une délégation chrétienne vient à Médine rencontrer Muhammad et discuter avec lui des questions religieuses. Voici le texte :

199Il y a certes, parmi ceux qui ont reçu l’Ecriture,

des hommes qui croient en Dieu

à ce qui vous a été révélé

et à ce qui leur a été révélé.

Humbles devant Dieu,

ils n’ont pas vendu à vil prix les signes de Dieu.

Ceux-là trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur.

Dieu est, en vérité, rapide dans ses comptes.

200Ô vous qui croyez! Soyez patients! Traitez-vous mutuellement avec patience!

Soyez fermes! Respectez Dieu profondément! Peut-être serez-vous heureux!

 

Ce texte mentionne «ceux qui ont reçu l’Ecriture», donc les juifs et les chrétiens. Parmi ces personnes, il y a des hommes qui croient à ce qui a été révélé «à vous», donc aux musulman, et à ce qui «leur» à été révélé, donc à la Bible. Ces personnes ouvertes à la Bible et au Coran ne négligent pas «les signes de Dieu». Et le terme signe, en arabe âyât, fait référence aux signes au niveau de la nature, comme la pluie et le soleil, aux signes que Dieu nous donne à travers les prophètes et à travers les versets de la Bible et du Coran1.

A ceux et celles qui lisent le Coran, le dernier verset de cette longue sourate souligne l’importance de la patience. Il s’agit de la patience, de l’endurance dans la vie de tous les jours. Mais ce n’est pas tout: «Dieu ordonne ici aux croyants de faire preuve de patience à l’égard d’autres qu’eux-mêmes, envers leurs ennemis»2. Nous avons donc, dans ce verset, la patience (sabr), présentée comme une des vertus cardinales de l’islam, à côté des autres qualités indispensables pour le croyant comme la tolérance réciproque (musâbira), la solidité dans la foi (murâbita) et un profond respect de Dieu (taqwâ)3. Et, si les croyants s’engagent avec ces quatre vertus, ils peuvent avoir confiance: «Peut-être serez-vous heureux!».

Ce message du Coran me rappelle, dans la Bible chrétienne, la Lettre de Jacques, un texte que les biblistes pensent composé, vers l’année 100, par un chrétien d’origine juive, grand connaisseur de la Bible juive et aussi de la culture grecque. Cet auteur écrit:

10 Prenez, frères, comme exemple d’endurance et de patience,

les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

11 Voilà, nous proclamons heureux les endurants.

Vous avez entendu parler de l’endurance de Job et vous savez la fin que le Seigneur (lui a donné) parce que le Seigneur est plein de pitié et de miséricorde (Jac 5,10-11).

 

Même cet auteur encourage à l’endurance et à la patience en faisant référence aux prophètes et à Job. Et il affirme la béatitude des endurants. Deux textes différents, la Bible et le Coran. Deux textes qui nous suggèrent une attitude comparable, devant les difficultés de la vie, et nous annoncent la joie.


 

1 On peut consulter, à ce propos, la voix « signes » dans le Dictionnaire du Coran, sous la direction de Mohammad Ali Amir-Moezzi, Paris, Laffont, 2007, pp. 832-834.

2 Tabari. Commentaire du Coran, par P. Godé, tome III, Paris, 1986, p. 254.

3 Cfr. Il Corano, a cura di A. Ventura, Milano, Mondadori, 2010, p. 477.

 

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